1953 : les dirigeants du parti nous ordonnent de déclencher une propagande intense contre la répression colonialiste qui sévissait dans toute l'Algérie. Un militant de la cause nationale est alors arrêté. Sous l'effet de la colère, la population de Ghazaouet ex Nemours décida unanimement de manifester contre cette arrestation. La ville est en état de siège et les meneurs furent arrêtés incarcérés et sauvagement torturés dans la prison civile de Nemours. Nous avons décidé de déclencher une grève consistant dans la non-utilisation des matelas, nous dormions par terre. Après trente-trois jours , nous fûment transférés à la prison civile de Tlemcen où nous restâmes quelques mois, puis ensuite nous fûment de nouveau transférés à la prison de Barberousse Serkadji (Alger) où nous restâmes encore plusieurs mois avant de nous emmener à la prison civile d'Orleansville. C'est dans cette sinistre prison que nous avions subi les plus horribles et avilissants supplices. On nous fit introduire à coups de pieds et de gifles dans une cour de prison dite "cour d'honneur". Déshabillés complètement, on nous coupa les cheveux à genoux avec un sécateur. Sous la douleur, nos yeux ruissellaient de larmes et au moindre gémissement ou cri nous recevions des coups de poing. Nous avions exactement cinq minutes pour manger une soupe qui brûlait la bouche. Le prévôt désignait alors à tour de rôle dix détenus pour laver le carrelage et le gardien n'était satisfait que lorsqu'il voyait son visage se refléter comme dans un miroir............suite page suivante.