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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 12:34

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LE DINA ET LES CAISSES D’ARMES

Par BELBACHIR Djelloul.

29 mars 1955 : un navire, le yacht Dina fait naufrage au large de Oued Bouarfa, à 12 km à l’est de Nador, encore sous juridiction espagnole   un village de pecheurs marocains. Dix sept (17) silhouettes disparaissent dans les flots et réapparaissent, exténuées, mais les bras chargés… d’armes. Dix-sept silhouettes, toutes de Ghazaouet.

L’aventure du yacht Dina depuis l’Egypte jusqu'à Nador, est connue, comme l’avait si bien décrite, dans « L’Odyssée du Dina », feu Nadir Bouzar, mais le maillon manquant dans cette opération restait la gestion de cette cargaison d’armes entre Nador et Ghazaouet. C’est l’aventure vécue par une poignée de moudjaheds, qui s’étaient déplacés de Ghazaouet jusqu'à Nador, pour décharger les armes, avant d’etre oubliés par l’histoire, voire ignorés.

Le professeur d’histoire et chercheur, Ahmed Ben daoud, est parti sur les traces de ces hommes. L’un d’eux, encore en vie avec trois autres, Sayah Mohamed dit « Si Slimane », officier supèrieur de l’ANP en retraite, raconte cette mission : le premier arrivage d’armes, au profit de la Rèvolution Algerienne à l’ouest du pays, dans la wilaya 5. Une operation suivie, depuis l’Egypte et la Libye, par Ahmed Benbella, avec l’assistance des services secrets égyptiens, représentés par leur agent Fethi Dib, auteur du livre « Nasser et la Révolution Algérienne ».

Si Slimane nous reçoit chez lui, à Sefra, un petit hameau à quelques encablures de Ghazaouet et perlera pendant des heures, en se remémorant les moindres détails, les couleurs, les odeurs, les états d’ames… « C’est Larbi Ben M’hidi qui, dès qu’il arriva à Sefra, ordonna à Sayah Missoum dit « Hansali », un symbole de la Révolution Ghazaouet de rassember ses hommes. Sitôt dit, sitôt fait : les agents de liaison rassemblèrent, en une journée, tous les hommes de Ouled Ali, Draouch, et de Anabra. Tous de confiance et moudjaheds de la première heure qui entrèrent de plain-pied dans la Révolution, comme on rentre chez-soi. Nous étions le 16 mars 1955 et nous devions être au point de rencontre à  Ouled Bouarfa, dans les trois jours qui suivaient l’ordre de Larbi Ben M’hidi ».

Seuls ces hommes choisis par Hansali, neveu de Si Slimane et fin stratège de la R.A, pouvaient mener à bien cette mission.

Le Dina avait quitté la rade d’Alexandrie le 28 février 1955, avec à bord, Houari Boumediène et 13.5 tonnes d’armes et de munitions. Le 16 mars à minuit, le groupe de Sefra qui comprenait 10 hommes de Sefra et trois  hommes de Ouled Ali, quittait la maison Aïdouni, ou il avait reçu les instructions de Hansali. Deux sacs de jute, trois mètres de corde et deux paires d’espadrilles pour seul viatique et, au pas de gymnastique, ils rallièrent Oued Tleta puis Sebabna, chez Ziane ou ils devaient attendre le groupe de Ghazaouet, lequel n’arriva que le 17 mars.

A huit heures du soir, nouveau départ pour les 17 hommes vers l’Oued Kiss, frontière naturelle, qu’ils traversèrent à 23 heures, pour se retrouver en territoire marocain, à découvert et sous la menace d’être  « vendus » à la première occasion. Si Slimane ponctua son récit de détails et d’anecdotes, telle celle ou il arriva, avec une raquette, à freiner…un char, celui-là même exposé à Boukanoun, juste pour que la mémoire n’oublie pas. Ce n’est que 19 mars 1955 qu’ils arriveront à Ouled Bouarfa ou un contact les attendait.

Ils seront « engrangés » pendant 10 jours, ne sortant que la nuit, pour ne pas éveiller de soupçons. Les hommes étaient à bout et prenaient leur mal en patience. La tempête retarda l’arrivée du Dina « le bateau, s’énervera Si Slimane n’en connut jamais les raisons.

Ce n’est que le 29 mars 1955, au cours d’une ronde d’observation sur la plage, que Si Slimane tomba sur une caisse d’armes à 22 heures : le Dina était là, sous un ciel d’encre et dans une mer houleuse par ces dernières nuits de mars. Le Dina appartenait à la flottille de plaisance de l’ex-reine de Jordanie, Dina Abdelhamid. Il s’était échoué à quelques mètres de la plage et les membres de l’équipage avaient déjà jeté quelques caisses à la mer. Sur place, il y avait Chibane Ahmed et Taleb Abdelwaheb qui dirigeaint les operations.

Harnachés de cordes, les 17 hommes de Ghazaouet, Mouffok Moussa, Bekkaï  Abdallah dit Si Benahmed,  Aïdouni Omar, Aïdouni Salah, Aïdouni Mokhtar, Aïdouni Ahmed dit « Driss », Mezouar, Benali, Mezouar Abdelkader , Boudjennane Ahmed (futur colonel Abbès), Hamdoune Okacha, Mokkadem Ahmed, (El Ghali), Mouffok Abdelkader, Mouffok Mohamed, Sayah Mohamed dit Si Slimane, Boudjenane Mohamed, Moffok Bachir, Mouffok Ahmed, dont seuls les 4 derniers sont encore en vie et peuvent témoigner de cet épisode jamais telaté de la R.A.

En nageurs aguerris, ils plongeront à maintes reprises pour extirper des cales du Dina, et dans une mer déchaînée, les 13 tonnes et demie d’armes et de munitions, et ce plus d’une cinquantaine de fois. Une barque sera chergée et hâlée à force de bras depuis la plage. Par leurs incessantes disparitions et réapparitions, ballottés par les vagues en furie dans des eaux glaciales, ils n’auront de fin que lorsque la dérnière caisse aura été dégagée. Les hommes de Ghazaouet ne parvinrent au bout de leur mission qu’à l’aube, exténués certes, mais avec cette impression sur le visage du devoir accompli.

Toute la cargaison récupérée prendra la direction d’une maison, mais le Dina restera à Ouled Bouarfa un an durant. Le groupe de Ghazaouet passera la journée dans une autre grange ou, déjà, Si Slimane l’initiait au maniement des armes qui devait acheminer à Sefra. Les premières armes, qui arriveront dans la région et qui auront servi à plusieurs opérations et notamment au cours de l’embuscade de Beghaoun.

Ils traverseront l’Oued Moulouya, qui faisait 60m de large, grossi par une crue madegh de l’Oued Kiss, tout en évitant une embuscade à Port Say (actuellement Marsat Ben M’hidi), ou les attendait Larbi Ben M’hidi, venu les féliciter pour le succés de la misssion.

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Published by BAOUCH Mourad
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commentaires

MOUGARI BOUBKAR SEDIK 02/11/2013 15:10

Ppres le salam je suis le fils des l'un des héros de la legende du bateau DINA, et il ya beaucoup a dire et a corriger si je peut dire cela. mon pére MOUGARI ALI dit SI DJELLALI rahimaho ALLAH, ses
lui qui a choisie l'équipage du bateau méme Boukharouba, condamner a mort en 1947, puis la traverser du desert vers l'égypte pour se joindre a l'armée de liberation du nord africain d'apres les
militants du MTLD. le Moujahid MOUGARI ALI dit SI DJELLALI et SI SEDDIK n'es revenue en algerie qu'avec le bateau DINA avec des tonnes d'armes et de munitions; et l'histoire du héros de BENI
KHALFOUNE et de LAKHDARIA bien riche et long.

samia 26/06/2017 08:43

Bonjour,
Je suis une des petites filles de Abdelkader Mezouar qui a fait parti de l'équipe qui a déchargé les armes. Fière d'etre la petite fille d'un héro

kaid_omar 20/08/2012 17:54

grâce a l'abnégation de touts les algérien sans régionalisme notre (1830-1962) révolution a triomphé .par rapport a ceux qui se prétende révolutionnaire dans le monde arabes du me siècle